Patricia ADAM
députée du Finistère,
Présidente de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées
Je suis fière d'accueillir dans ma ville de Brest la 10ème édition de l’Université d’été de la Défense. A plus d'un titre. La décision prise en janvier dernier de réunir les décideurs français et européens, parlementaires, hautes autorités militaires, industriels et journalistes, dans un grand port comme Brest illustre la dimension particulière qu'occupe la mer dans notre politique de défense. Mais surtout, dans la continuité des travaux de la Commission que j’ai aujourd’hui l’honneur de présider, la ville de Brest témoignera tout au long de ces deux journées de l'importance des enjeux que le Parlement doit relever.
Cela signifie, avec mon collègue et homologue au Sénat, Jean-Louis Carrère, que nous devons être à la hauteur de la confiance qui a été placée en nous par les suffrages. Les défis sont nombreux et encore plus difficiles à relever dans une période économique et financière européenne troublée.
Cette période qui s’ouvre à nous est cruciale. Nous devons porter la voix de la France dans le concert des nations ; nous devons prendre la mesure de notre potentiel et de nos ressources ; nous devons prendre en considération la complexité de notre environnement mondial ; nous devons trouver les solutions pour nous adapter sans faiblir.
Placer cette Université sous le signe des « nouveaux enjeux économiques et géo-stratégiques de la Défense » est juste, car ces enjeux-là sont aussi ceux de la croissance et de l’emploi.
Je souhaite donc que cette 10ème Université soit placée sous le signe du travail autour du futur Livre Blanc et de la Loi de Programmation Militaire. Nous devons achever rapidement nos réflexions sur ces sujets. Tout retard serait coupable.
Terre de Défense ouverte sur les océans, territoire d’innovation tourné vers l’avenir, Brest et la Bretagne sont les symboles du refus de toute forme de résignation. Je serai un porte-parole fidèle à cet esprit. Mais, au-delà de cet agenda chargé, je ne doute cependant pas que tous les participants tomberont aussi sous le charme de la générosité de l’accueil breton.
Jean-Louis CARRERE
sénateur des Landes,
Président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces Armées
Nous avons placé cette dixième université d’été de la défense sur le thème des nouveaux enjeux à la fois économiques – la crise et l’impératif de redressement des finances publiques – et géopolitiques – la recomposition des pays autour de la Méditerranée, l’extension de l’arc de crise, auquel je préfère le concept « d’aire d'investissements stratégiques majeurs », jusqu’à l’Asie, zone des ambitions et des tensions mondiales, avec, enfin, la montée en puissance des émergents qui revendiquent légitimement que leur influence soit reconnue, pour peu qu’ils assument aussi les charges de leurs responsabilités.
Ce bref rappel des défis auxquels nous devons faire face montre à l’évidence que, s’il existe des éléments de continuité depuis le Livre blanc de 2008, nous sommes confrontés à une forte recomposition du monde. Devant celle-ci nous devons apporter des réponses à la fois politiques, techniques et industrielles qui permettent à la France de continuer à jouer pleinement son rôle dans le concert des nations et avec ses partenaires et ses alliés. Le prochain gouvernement, quel qu’il soit, aura à prendre des décisions qui engagerons profondément notre avenir. C’est la raison pour laquelle nous avons mis en place des groupes de travail afin d’anticiper la revue ou la rédaction d’un nouveau livre blanc. Les rapports de ces groupes sur la maritimisation, la cyberdéfense, l’industrie souveraine, l’avenir des forces nucléaires et la doctrine d’emploi des forces vous seront présentés lors des Universités.
Nous avons également voulu accroître la participation de nos partenaires parlementaires européens tant il est vrai qu’aucune nation ne peut plus assumer à elle seule les investissements que suppose notre défense. Je crois profondément que le contrôle et le suivi parlementaire des coopérations et des actions communes en matière de défense est essentiel. L’inévitable mutualisation, le partage des responsabilités, l’acceptation d’une éventuelle dépendance mutuelle, ne peuvent être laissés aux seuls pouvoirs exécutifs. Ces rapprochements supposent l’adhésion des peuples et donc l’approbation des parlements. C’est un travail difficile et de longue haleine mais auquel il n’existe qu’une alternative : celle du renoncement. Pour éviter une marginalisation ou une dépendance il faut un rapprochement politique et la création d’une grande confiance. Qui, mieux que les parlements, peut œuvrer dans ce sens ? Je souhaite vivement que ces dixièmes Universités, soient pour nous l’occasion d’avancer dans cette direction.
Patrick BOISSIER
Président Directeur Général de DCNS
L’heure des décisions budgétaires approche. Dans le contexte de crise actuel, la France est plus que jamais contrainte à l’équilibre de ses comptes. L’un des enjeux concerne le maintien d’une défense crédible. De fait, la dernière crise d’une telle ampleur en 1929 a fortement affecté les budgets de défense. L’effort n’a repris que sept ans plus tard, beaucoup trop tard. En 2012, notre responsabilité impose de ne pas perdre de vue la situation des autres continents : le monde se tourne vers la mer et réarme. Souhaitons que la 10ème université d’été de la défense contribue à cette prise de conscience.
Amiral Bernard ROGEL
Chef d'Etat-major de la Marine
Les Universités de la défense ont choisi cette année de se réunir à Brest, une ville à très ancienne vocation militaire et maritime. Aujourd’hui, toutes les composantes de la marine sont présentes à Brest ou dans sa région : la base navale, des bâtiments de surface et des unités de fusiliers marins, une base aéronavale et les sous-marins de l’Ile Longue. Quant à la base de défense de Brest récemment créée, c’est l’une des plus importantes de France. Elle regroupe plus de 10000 personnes de la défense de toutes origines, civils et militaires.
Les travaux de ces universités se dérouleront donc dans une région profondément marquée par son passé militaire et particulièrement concernée par les évolutions actuelles de notre défense.
Guy TEISSIER
député des Bouches-du-Rhône,
Initiateur des Universités d'été de la Défense
C’est à la fois avec plaisir et fierté que je signe cet éditorial pour lancer la 10ème édition de l’Université d’été de la Défense. En tant qu’initiateur d’un événement sans équivalent, je ne peux que me réjouir de son succès grandissant. Il n’existe en effet aucune autre manifestation rassemblant dans un même lieu les grands décideurs militaires et civils de la défense, aux côtés des industriels, en présence de journalistes et d’élus de toutes tendances. C’est précisément de cette diversité que naît la richesse de nos échanges.
Cette 10ème Université d’été de la Défense s’ouvre dans une année cruciale dans la mesure où la France est confrontée aux enjeux essentiels que sont la mise à jour du Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale ainsi que la préparation de la prochaine loi de programmation militaire. Nous devrons faire preuve de beaucoup de courage, dans un contexte géostratégique et économique particulièrement tendu. La France, au cours des cinq dernières années, a fait des choix qui l’honorent et qui l’ont placée au cœur des relations internationales, elle ne pourra affronter les cinq années qui viennent sans actes forts et sans se donner les moyens de les assumer.
Depuis cinq ans, la France a franchi un palier technologique, avec les armes les plus modernes dont elle a doté ses armées pour répondre à leurs besoins opérationnels, tout en soutenant l’excellence de nos industries. Pour permettre à la France d’assumer son rôle, nos armées sont très sollicitées. Il serait vain de laisser croire que l’on pourrait faire des économies en réduisant les moyens dont elles ont besoin pour remplir leur mission.
Face à cet immense défi, les voies à suivre ne sont pas très nombreuses. Il faut à nos armées et à nos industriels faire preuve d’imagination et d’esprit innovateur. Nous devons aussi rechercher avec nos partenaires européens les voies susceptibles de nous permettre d’optimiser, ensemble, nos moyens.
Il nous a semblé cohérent d’organiser cette 10ème Université d’été de la Défense à Brest, car après avoir honoré récemment la DGA, l’armée de l’air et l’armée de terre, rendre hommage à la Marine était tout naturel. Le choix de Brest était tout aussi légitime, après Arcachon, Les Embiez, Colmar, Aix-en-Provence, Toulouse, Saint-Malo, Saumur et Rennes.
Cette Université d’été de Brest marque un anniversaire important, elle souligne aussi la continuité d’un modèle sans équivalent, ce dont je ne peux que me réjouir.
