AIRBUS : UN MOTEUR INDUSTRIEL DES AMBITIONS DE LA DÉFENSE EUROPÉENNE

Des bouleversements majeurs dans la structure de l’ordre international sont à l’œuvre. Les tensions au sein même de l’Union européenne et à sa périphérie, la détérioration des relations transatlantiques, la résurgence de régimes autoritaires, la montée en puissance de nouveaux acteurs, l’émergence de nouvelles formes de guerres hybrides, la militarisation de l’espace ou les ruptures technologiques sont autant de défis que responsables politiques et militaires, industriels de la défense, Universitaires, mais aussi étudiants et futurs décideurs, se doivent d’analyser et de relever pour assurer demain notre sécurité.
C’est à cette démarche collective de réflexion que doivent contribuer ces Universités d’été de la Défense 2018 auxquelles le groupe Airbus est heureux de participer.

C’est au travers d’une coopération accrue et en développant des initiatives au niveau européen que nous pourrons réellement faire face à ces risques et préserver notre autonomie stratégique.

La période qui s’ouvre est caractérisée par une relance des réflexions et projets autour de la défense européenne et de la coopération militaire franco-allemande, avec une impulsion politique forte. Ces problématiques sont familières à Airbus, d’autant plus qu’elles furent fondatrices dans la création de notre société, qui entend bien être un acteur central des chantiers qui ont été lancés depuis un an dans le triangle Paris-Berlin-Bruxelles.

Car, si le défi est politique, il est aussi industriel. Pour faire face aux menaces, l’Europe doit affermir son autonomie stratégique. Pour cela, il est indispensable de développer des technologies clés et des capacités militaires capables de garantir une indépendance européenne inexistante sans une réelle maîtrise de l’équipement des Armées.

Plus que jamais, la Défense reste au cœur de la stratégie d’Airbus, qui entend demeurer le premier industriel contribuant à la défense et à la sécurité en Europe. Avec 11 milliards d’euros de chiffres d’affaires dans ce secteur en 2017, il se situe au premier rang dans l’Union européenne. En France, Airbus est le premier fournisseur de la DGA, avec 1,9 milliard de paiements en 2017, auxquels doivent être ajoutés plus de 500 millions au titre des activités de MCO et 100 millions de R&T financée par le ministère des Armées.

Cette réalité oblige Airbus, partenaire essentiel des Armées pour leurs grandes fonctions capacitaires. La société fournit, avec ses partenaires industriels,  des solutions de haute technologie répondant aux attentes de ses clients dans la défense et la sécurité voire les anticipant (A400M, Tigre, NH90, et bientôt MRTT, CSO, HIL, avions de mission, VHR700, Syracuse IV, MALE RPAS, FCAS/SCAF ou encore Surveillance et Sécurisation de l’Espace). Au travers de ses filiales contrôlées ArianeGroup et MBDA, Airbus est aussi un acteur historique majeur des outils de la dissuasion et de son environnement, au travers des composantes océanique et aéroportée, ainsi que des moyens du renseignement.

La recherche de la maintenabilité à coûts maîtrisés dès la conception et la conduite des programmes militaires pour garantir la meilleure disponibilité possible et le coût opérationnel le plus bas des équipements livrés est devenue par ailleurs une priorité essentielle pour les nouveaux programmes dont nous avons la responsabilité. Elle est au cœur de la conception du futur H160 M HIL et les progrès considérables apportés par les outils numériques, en plein déploiement et maturation dans le domaine de l’aviation commerciale avec la plateforme Airbus Skywise, apporteront des bénéfices majeurs pour les programmes militaires.

La mise en réseau au sein des ensembles de forces et de systèmes devient également un marqueur essentiel du développement capacitaire. Elle permet d’accroître l’efficacité des forces et leur agilité, tout en ouvrant la voie à une optimisation de l’emploi de moyens toujours comptés. En contrepartie, elle fait naître des vulnérabilités nouvelles désormais bien identifiées. Cette évolution majeure de la constitution des capacités militaires est au cœur des solutions du futur pour répondre aux besoins opérationnels. Nos plateformes aériennes (hélicoptères, drones, avions de mission, etc.) sont désormais considérées comme des éléments de systèmes intégrés. Ce continuum entre plateformes, systèmes de communication et systèmes d’information ouvre le champ des possibles et nourrit la volonté d’Airbus de devenir un acteur industriel des communications satellitaires, avec COMCEPT aujourd’hui et SYRACUSE IV demain.

La numérisation ouvre aussi de nouvelles voies pour l’amélioration de la performance, au travers d’un apport considérable dans la conception, la production et le soutien des systèmes et équipements militaires futurs : plateformes interconnectées, pseudo satellites, UAVs, robotisation, cyberdéfense, big data et intelligence artificielle, etc.

Elle augmentera encore fortement la performance opérationnelle, en permettant la réduction des temps de développement des programmes, l’accélération de la montée en maturité des nouveaux équipements et la mise en œuvre de nouveaux outils plus efficaces pour l’entretien des équipements.

Pour faire face aux évolutions et aux ruptures technologiques, dont certaines alimentent l’instabilité de l’environnement géostratégique, et pour que l’Europe soit garante de sa défense et de sa sécurité, une coopération de défense performante est nécessaire. Airbus, entreprise européenne, entend être le fer de lance d’une base industrielle européenne de défense compétitive au niveau mondial. Les grands programmes que nous conduisons sont déjà menés, pour la plupart, en coopération et produisent des capacités opérationnelles partagées remarquables, qui auraient été budgétairement inaccessibles par des développements nationaux.

Mais cela reste insuffisant dans un domaine très marqué par les préférences nationales, alors que l’efficacité de la dépense publique pourrait être renforcée et la capacité d’innovation accrue grâce aux économies d’échelle. La coopération entre la France et l’Allemagne jouera un rôle moteur pour que les programmes futurs s’affranchissent de ces difficultés et soient, avec des règles de gouvernance rénovées, des succès autant sur le plan politique que sur le plan industriel.