La 12ème Université

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Patricia ADAM

députée du Finistère,
Présidente de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées

C’est avec grand plaisir que la 12e université d’été de la défense vous accueillera les 8 et 9 septembre 2014 en Gironde, au cœur de cette région Aquitaine qui a fait de l’économie de défense l’un des moteurs de son succès. C’est l’armée de l’air qui sera notre partenaire cette année ; année qui est aussi celle de l’anniversaire de la création des forces aériennes stratégiques. C’est en effet en octobre 1964 qu’un Mirage IV Dassault prit pour la première fois le tour d’alerte opérationnelle, équipé de la bombe AN-11. Nous profiterons donc de cette circonstance pour nous interroger ensemble sur la double cohérence de notre stratégie nucléaire d’une part et de ses composantes d’autre part, mais aussi sur la maîtrise stratégique de la troisième dimension.

Alors que l’année 2013 avait été celle de l’opération Serval au Mali – qui se poursuit-, cette année sera celle de Sangaris et de la République centrafricaine. Les travaux en cours des commissions sur l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale nourriront notre réflexion sur quinze années d’opérations extérieures et sur l’avenir.

Par ailleurs, les évènements récents aux frontières de notre espace européen nous démontrent que ce qui est peu probable n’est pas pour autant impossible. Le retour de la conflictualité interétatique dans notre environnement immédiat est aussi une source de réflexion sur la double faiblesse de l’Europe et de l’OTAN. Cette faiblesse crée du danger. Il faut être prêt à y faire face. Nous aborderons donc ensemble les questions relatives à la capacité de commandement, ainsi qu’à l’avenir du maintien en condition opérationnelle de notre outil de défense.

Sous une forme que nous avons voulu voir renouveler, cette édition 2014 vous accueillera une nouvelle fois pour des échanges sans filtres et sans interdit.

Jean-Louis CARRERE

sénateur des Landes,
Président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces Armées

Notre douzième université d’été de la défense, du 8 au 9 septembre 2014, est celle de l’entrée en programmation 2014-2019. Le thème général que nous avons choisi avec l’armée de l’air : « Agir et Réagir » pourrait être aussi la ligne directrice de nos commissions de la défense pour les années à venir. J’y ajouterai un mot : celui de vigilance. Au-delà des clivages politiciens nos commissions se sont engagées pleinement au respect des orientations  données par le Président de la République dans le Livre blanc et des engagements inscrits dans la LPM et défendus avec lucidité et opiniâtreté par le ministre de la défense. Nous nous sommes dotés dans la LPM des moyens juridiques d’un contrôle accru de l’exécutif, en particulier par la possibilité d’effectuer des contrôles sur pièces et sur place.

Au plus haut niveau de l’Etat on a choisi de maintenir notre niveau d’ambition, garant de l’influence de la France dans le monde et de la défense de nos intérêts. Pour concilier cette volonté et l’exigence de redressement des finances publiques (qui est aussi une question d’indépendance nationale et de souveraineté) la cohérence d’ensemble a été préservée mais au prix de l’étalement des programmes, d’une réduction des cibles, de la prise en compte d’éventuels succès à l’export et de l’apparition de zones de fragilités capacitaires. L’équilibre financier de la LPM repose de plus sur la réalisation de recettes exceptionnelles dont la réalité effective n’est pas totalement avérée comme l’a montré le contrôle effectué par nos commissions au ministère de l’économie et des finances.

Cette cohérence globale est donc extrêmement fragile. Elle suppose que l’ensemble des éléments la composant soient respectés. L’abandon de l’un des éléments de la LPM met en péril l’équilibre d’ensemble. Cet argument n’est nullement rhétorique surtout si l’on tient compte du fait que la construction d’un outil de défense s’inscrit dans le temps long et dans la constance de l’effort.

La programmation permet, non pas de faire mieux, mais de faire « au mieux » avant un éventuel retour à bonne fortune dont nous avons également voulu inscrire la perspective dans la LPM. La réduction temporaire de l’effort de défense correspond à la participation de la défense à l’effort collectif de redressement. Il n’y a pas lieu d’envisager une nouvelle ponction sur ce socle déjà minimal. Nous y veillerons.

Comment du reste envisager qu’il en soit autrement à un moment où les évolutions du contexte stratégique sont toutes confirmées et amplifiées.

En premier lieu les menaces de la force. L’annexion de la Crimée vient nous rappeler utilement que certains des acteurs du jeu international ne comprennent que l’argument de la force à défaut, hélas, de la force des arguments.

Quelles leçons immédiates pouvons-nous tirer de ces événements ? En premier lieu, nous constatons qu’ils ont été permis par notre faiblesse. Empressés de cueillir les dividendes de la paix, la plupart des pays européens n’ont cessé de désarmer depuis le début des années 90. Dans le même temps, le reste du monde réarme massivement. La Russie met en œuvre un programme de réarmement de plus de 500 milliards de dollars et modernise sa défense et ses forces armées pour en faire une armée professionnelle et projetable. La Chine procède de même tout comme la plupart des grands pays émergents. Arriver à la parité prendra du temps mais sans doute moins que l’aveuglement de certains veut nous le faire croire. Ce réarmement nous rappelle brutalement l’adage selon lequel il faut préparer la guerre, si nous voulons la paix.

Un signe fort à envoyer aux Russes serait d’annoncer le gel de la diminution de nos budgets de défense en Europe. C’est un minimum avant que les Européens se décident enfin à assumer leur défense comme les y engage de manière de plus en plus insistante les États-Unis. La décision du groupe de Višegrad nous montre le chemin. Signifier que nous mettons fin à un désarmement unilatéral stupide serait un premier geste.

La deuxième leçon à tirer porte sur notre force de dissuasion. Celle-ci devient relative si elle ne s’appuie pas sur les forces conventionnelles solides et en nombre suffisant qui permettent, par leur existence, de graduer la montée aux extrêmes. Une armée forte participe à la dissuasion. Depuis notre rapport sur le format « tout juste insuffisant » de nos armées la situation ne s’est pas améliorée.

Enfin, dernière leçon, aucun pays européen ne peut assumer seul sa défense. C’est dans l’union de nos forces, leur interopérabilité, au niveau européen, et bien évidemment, otanien, que réside la solution de notre sécurité collective. Le rapport de notre commission sur la défense de l’Europe a proposé créer un Eurogroupe de défense qui rééquilibrerait la relation transatlantique. Fait nouveau, les États-Unis nous y engagent. Les idées sont là, il y manque la volonté politique.

Aux menaces de la force s’ajoutent les risques de la faiblesse. La lecture de nos engagements récents, qui fera l’objet des travaux de l’atelier n°4 de notre université, en particulier en Libye, au mali et en Centrafrique souligne à la fois le niveau d’extrême technicité de nos armées, en particulier de l’outil aérien, et la disproportion de nos forces disponibles sur le terrain. Au-delà des aspects humanitaires qui justifient ces interventions se posent deux questions. La première est celle d’une approche globale dans la durée qui suppose, une fois la phase d’intervention réalisée, la prise de relai par les États ou par les organisations internationales ou régionales. Dans le cas extrême de la RCA, le peu d’État existant s’est effondré et a quasiment disparu comme a pu le constater une mission de notre commission récemment. Seule l’ONU est à même de mutualiser les efforts considérables à effectuer pour reconstruire un pays. Faute  d’avoir prévu ces interventions – et l’on voit bien les réticences des États à s’engager – le risque pour la France est celui de l’enlisement et même de l’hostilité des populations. La faillite de ces États est celle de leurs dirigeants et de leurs élites incapables de mettre en œuvre les politiques de réconciliation nécessaires pour pacifier et reconstruire. Cette inaction, qu’elle soit incapacité ou volonté, met nos soldats en porte-à-faux de manière inacceptable.

Le terrorisme, principalement dans sa forme d’islamisme radical, est un danger  majeur pour nos États et nos sociétés. La bande sahélo-saharienne avec en particulier le trou noir du sud libyen est une zone d’instabilité considérable aux portes de l’Europe. On ne peut que s’étonner que cette évidence ne pousse nos partenaires européens à s’engager autrement qu’au travers d’une aide en matière de formation ou de santé. L’absence d’approche globale en Libye et l’incapacité des forces politiques à prendre leur destin en main, tout comme, dans une moindre mesure au Mali, sans compter le Soudan mis au ban de la communauté internationale, a conduit notre pays à un redéploiement de ses forces dans la zone et à une approche régionale. Celle-ci a pour objectif à terme d’éradiquer la menace mais surtout de l’empêcher de se reconstituer. C’est une œuvre de longue haleine où les forces spéciales jouent un rôle central. C’est la raison pour laquelle notre commission présentera à Bordeaux un rapport sur l’avenir des forces spéciales.

Pour lutter contre ces différentes menaces le renseignement est bien évidemment vital sous toutes ses formes. Les prochains conflits débuteront vraisemblablement par une cyber guerre. Le cyber terrorisme n’est pas une vision de l’esprit. Or, nos sociétés, nos infrastructures, nos intérêts sont encore trop vulnérables.

Cette 12ème université se situe donc au cours d’une année charnière. En matière de défense nous sommes sur un socle minimum sur lequel on ne peut transiger. Je sais que le monde de la défense que nous rassemblons à Bordeaux, au cœur de cette Aquitaine qui m’est si chère, en est bien conscient. Avec le Livre blanc, avec la LPM, en s’appuyant sur les arbitrages courageux du président de la République, nous disposons d’un cap. Ce qui nous manque peut-être c’est un travail pédagogique vis-à-vis de nos concitoyens pour leur expliquer pourquoi cet effort est indispensable et pourquoi il constitue le fondement de notre sécurité sans lequel aucune autre activité ne pourrait se dérouler. Les politiques que nous sommes ont un rôle capital à jouer dans ce domaine. C’est tout l’enjeu d’un lien armée-nation qu’il faut dynamiser. Nous avons également un rôle politique à jouer vis-à-vis de nos partenaires, en particulier en Europe. Je me félicite de leur présence à nos universités.

À tous, je souhaite une bonne université d’été.

Eric TRAPPIER

Président Directeur Général de DASSAULT Aviation

Je me réjouis que cette XIIème Université d’été de la Défense ait lieu à Bordeaux-Mérignac et que l’Armée de l’air nous accueille sur la BA 106. Notre présence en Aquitaine plonge ses racines dans l’histoire de l’aéronautique. C’est en 1935 que Marcel Bloch et Henri Potez ont créé la société Aéronautique du Sud-Ouest qui a produit pour les armées les bombardiers MB 200 et 210. C'est en 1949, après son retour de déportation, que Marcel Dassault fonde la société actuelle et que le Flamant, premier avion portant le nom de Dassault, effectue son envol de Mérignac. Depuis cette date, ce sont plus de 8000 avions dont le fameux Mirage IV qui sont sortis de notre usine bordelaise. Aujourd'hui, cette implantation de Mérignac comme l’ensemble de nos établissements a une activité duale civile et militaire optimisée. Nous y réalisons l'assemblage final du Rafale et des Falcon 900, 2000, 7X et des premiers Falcon 5X et Falcon 8X qui vont venir élargir notre gamme.

Un véritable écosystème aéronautique et défense s’est développé en Aquitaine autour de Dassault Aviation et de ses partenaires industriels s’appuyant sur un tissu très dense et performant de PME. Cet environnement est renforcé par l’implantation de la SIMMAD et du CSFA, le développement d’Aerocampus, qui permettent de créer un pôle régional très dynamique et attractif.  

L’aviation de combat française est à l’honneur à l’occasion de cette Université d’été de la défense. Elle est depuis la fin de la 2nde Guerre Mondiale au centre de la politique de défense nationale et ce tant pour des raisons opérationnelles que pour des raisons industrielles et technologiques. L’arme aérienne est un système stratégique pour la conduite de la guerre moderne grâce à la maitrise du ciel et à sa puissance de feu. Elle est devenue indispensable pour que les opérations aéroterrestre et aéromaritime se déploient dans des conditions optimum de sureté pour nos soldats. Aujourd’hui l’aviation de combat est un véritable démultiplicateur de force.

L’exécutif dispose avec le Rafale d’un outil de puissance et de supériorité aérienne qui grâce à ses capacités nucléaires se situe, avec la composante sous marine, au cœur de la défense des intérêts vitaux du pays. Par sa flexibilité et sa polyvalence, le Rafale a permis l’adaptation des forces aériennes aux évolutions du contexte stratégique marqué par la multiplication de menaces et ce sans perte capacitaire. Le Rafale a montré toute l’étendue de son efficacité opérationnelle sur les différents théâtres où il a été engagé : Afghanistan, Libye, Mali et Centrafrique. Il permet à la France de remplir ses responsabilités internationales qui résultent de son siège de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, de l’OTAN ou de son rôle de pilier d’une PESD autonome.

Si la France maîtrise de telles capacités cela tient dans l’effort financier continu consenti ces soixante dernières années dans ce domaine. Ils ont permis de développer un socle industriel maîtrisant les technologies les plus critiques de l’aéronautique. Alors que la pression américaine s’accroit au plan international, il faut veiller à préserver ces compétences technologiques et industrielles tant pour nos propres armées que pour l’exportation. C’est pourquoi je me félicite de la notification du standard F3R en début d’année par le Ministre de la défense. Il va permettre au Rafale de continuer à évoluer par l'intégration à la fois des progrès technologiques et des retours d'expérience des opérationnels. Ces évolutions garantissent à nos armées de toujours disposer de l'outil le plus adapté et le plus sûr pour remplir leurs missions. Elles assurent aussi aux industriels les capacités de poursuivre le développement continu de leurs compétences.

La préparation de l’avenir est cruciale pour notre industrie à long cycle. Le « nEURON » premier démonstrateur de drone de combat à avoir volé en Europe est une étape importante qui a contribué au développement de nos compétences clefs. La coopération franco-britannique issue des accords de Lancaster House s’inscrit dans cette logique de préparation du futur de l’aéronautique de combat. Le lancement lors du salon de Farnborough par les Ministres de la Défense Français et Anglais autour de Dassault Aviation et BAE Systems de la phase de définition d’un futur drone de combat est une décision majeure pour l’avenir de cette filière stratégique en Europe. Cet avenir passera aussi par le lancement d’un drone MALE français, allemand et italien, projet où nous nous sommes alliés avec Airbus et Finmeccanica afin de palier notre dépendance capacitaire à des programmes non-européens. Ces projets importants en termes de souveraineté contribueront à la défense de l’Europe par les européens.

Je formule le souhait que cette douzième université d'été de la défense soit pour tous l'occasion de mesurer l’importance que revêt l’arme aérienne pour notre sécurité collective. J’espère aussi que le rôle majeur des industries de souveraineté dans le soutien de l’activité économique, la maîtrise des technologies les plus avancées et le maintien d’un emploi durable à forte valeur ajoutée soit à cette occasion conforté.

Alain ROUSSET

député de la Gironde, Président du Conseil Régional d'Aquitaine

Après Pau l’an dernier, c’est au tour de Bordeaux d’accueillir cette année l’Université d’été de la Défense. C’est une grande fierté pour moi de voir une nouvelle fois réunis en Aquitaine l’ensemble des décideurs français et européens du secteur. En quittant le Béarn pour la Gironde, ils trouveront à Bordeaux un autre partenaire militaire : l’armée de l’air, qui sera à l’honneur cette année de cette Université d’été.

Les récentes interventions de la France en Lybie en 2011, au Mali et en Centrafrique en 2013, ont montré que notre pays était, avec la Grande Bretagne, l’un des derniers d’Europe à avoir maintenu un outil militaire lui permettant d’intervenir rapidement et efficacement sur des théâtres d’opération lointains. A chaque fois, le rôle de l’armée de l’air a été décisif. Ces différents événements donneront matière, je n’en doute pas, à de passionnants débats sur les conditions qui, à l’avenir, devront être réunies pour que l’excellence reconnue de notre aviation soit maintenue au cours des prochaines années, malgré un contexte budgétaire particulièrement difficile.

On ne pouvait pas trouver de lieu plus propice que la Gironde pour mener cette réflexion. Car la Gironde n’est pas seulement le berceau de l’aviation. La base aérienne 106 de Bordeaux-Mérignac abrite des états-majors importants comme celui de la SIMMAD et la partie soutien du commandement des forces aériennes, qui sont au cœur des problématiques de maintien en condition opérationnelle. On trouve par ailleurs à Mérignac le plus grand parc technologique français dédié à l’aéronautique, Bordeaux-Aéroparc, où sont implantés plusieurs des géants du secteur (Dassault, Airbus, Thales, Safran, Sabena Technics…), ainsi qu’un vaste réseau de PME innovantes accompagnées dans le cadre de la convention de partenariat DGA-Région. Enfin, à seulement quelques kilomètres de là, l’Aérocampus de Latresne, grâce au soutien de la Région Aquitaine, forme chaque année les futurs professionnels de la maintenance aéronautique. Ce pôle de référence en matière d’enseignement, conjugué à une présence militaire et industrielle uniques en France, font de la Gironde un des territoires-clés pour notre défense nationale.

Au même moment, se tiendront à Mérignac deux rendez-vous majeurs du calendrier aéronautique : le salon des drones (UAV Show) et celui de la maintenance aéronautique (ADS Show).

Autant de bonnes raisons de se rendre en Gironde les 8 et 9 septembre prochains !

Conseil général de la Gironde

C’est avec honneur et fierté que nous accueillons en Gironde la douzième édition des Universités d’été de la Défense, un événement national de grande ampleur organisé cette année par l’Armée de l’Air.

C’est dans le décor de la base aérienne 106 de Mérignac que se dérouleront les échanges entre les autorités militaires et civiles, les universitaires, les personnalités politiques, les ingénieurs et industriels, dans le but de se questionner et d’anticiper les enjeux concernant la défense de notre Nation et l’engagement de ses forces armées sur différents théâtres d’opération.

La Gironde accueille de nombreuses entreprises liées au marché de l’aviation militaire, et nous sommes fiers de participer à l’essor de technologies de pointe, fleurons de l’économie française. Ces 8 et 9 septembre prochain, en présence de plus de 400 acteurs clés de l’administration, du domaine industriel et politique, les débats prendront la forme de conférences ou d’ateliers portant sur des réflexions en toute transparence.

Je félicite l’ouverture toujours plus importante de cet événement à des personnalités internationales qui suscitent des discussions, un regard différent et enrichissant. Puisse cette 12ème édition apporter des réponses et des idées innovantes à ces problématiques militaires et de Défense !

Le Président du Conseil Général de la Gironde

Alain JUPPE

Maire de Bordeaux, président de la Communauté Urbaine de Bordeaux

Je suis heureux que les organisateurs aient choisi de tenir la 12ème université de la Défense dans la métropole bordelaise qui, du fait de l’histoire, mais aussi de décisions récentes, constitue désormais le principal pôle aéronautique de défense.

Nous avons célébré, en juin, sur la base voisine de Cazaux, le 100ème anniversaire de l’aviation militaire et le 80ème anniversaire de l’armée de l’air. A cette occasion, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé le transfert à Bordeaux, dans une logique de regroupement des structures de l’armée de l’air, du Commandement des Forces Aériennes. Celui-ci rejoint le Commandement du soutien des Forces aériennes, arrivé en 2007,  la Structure Intégrée de Maintien en condition opérationnelle des Matériels Aéronautiques de la Défense,  implantée en 2012 et le SIAé  qui a récemment fêté son cinquantenaire.

Ces regroupements s’inscrivent dans le cadre de la réforme des armées, initiée avec le Livre blanc de 2008, à la mise en œuvre duquel j’ai contribué lors de mon passage à l’Hôtel de Brienne,  et poursuivie avec le Livre blanc de 2013 et la loi de programmation militaire 2014-2019. Il s’agit d’adapter le format et les moyens des armées françaises à la nouvelle donne géostratégique, dans un contexte budgétaire contraint. Dans un monde multipolaire, marqué par la montée de nouveaux risques, en matière de prolifération, de terrorisme et de cyber-attaques, et l’apparition de nouvelles zones de tensions et de conflits, nos armées doivent être en mesure de répondre aux menaces et d’assurer un rôle de maintien de la paix et de protection des populations.

La mise en œuvre de cette grande réforme appelle quelques remarques.

Tout d’abord, l’extraordinaire capacité de réforme et d’adaptation des armées mérite d’être saluée. Entre 2008 et 2019, près de 80 000 postes auront été supprimés, soit une réduction de 25% des effectifs. Les structures et le fonctionnement ont été réformés en profondeur avec la refonte de la carte militaire, la création des bases de Défense, la réorganisation des services et les efforts de la DGA, du SIAé et des industriels pour rationaliser la fabrication et la maintenance des équipements et augmenter leur durée d’utilisation.

Ensuite, la réactivité et l’efficacité de nos armées et, en particulier de l’armée de l’air,  ont été démontrées en Lybie, en Côte d’Ivoire et  dernièrement au Mali avec l’opération Serval et, aujourd’hui,  Barkhane, et en Centrafrique avec l’opération Sangaris.

Mais j’éprouve également une certaine inquiétude quant au maintien de notre potentiel de défense. Le Président de la République a donné l’assurance d’une sanctuarisation du budget de la Défense. Mais l’équilibre de la loi de programmation militaire 2014-2019 repose partiellement sur des recettes exceptionnelles, issues notamment du produit de cessions immobilières ou  de la mise aux enchères d’une nouvelle bande de fréquences, dont l’évaluation peut sembler optimiste. Le maintien des engagements financiers de la loi de programmation constituent une limite en deçà de laquelle nos armées ne seraient plus à même de remplir leurs missions et le tissu industriel serait en danger.

Ce serait le cas à Bordeaux où les implantations militaires et les industries de défense jouent un rôle moteur dans l’économie locale. La localisation à Bordeaux des Commandements des forces aériennes et du soutien,  de la SIMMAD et de l’AIA  spécialisé dans la maintenance des moteurs, renforce le bassin industriel aéronautique et spatial bordelais qui comprend des établissements des grands groupes industriels (Safran, Dassault, Thalès, EADS, Sabena Technics) et un tissu de PME-PMI performantes, associés dans le pôle de compétitivité Aerospace Valley. Cette synergie a d’ores et déjà permis la mise en œuvre de plateaux techniques associant les industriels et les donneurs d’ordre. Elle conduit également à faire de la métropole bordelaise un acteur majeur dans la maintenance aéronautique mais aussi le développement de drones civils,  comme en témoignent les salons  ADS Show et UAV Show, qui se tiennent parallèlement à l’Université de la Défense. L’université de Bordeaux et ses écoles d’ingénieur, comme l’Aérocampus de Latresne, créé par la région Aquitaine, ou l’incubateur Bordeaux Technowest participent pleinement au développement de ces filières. Enfin, avec le laser Megajoule, principal équipement du programme Simulation,   qui sera bientôt opérationnel au CESTA, au Barp, et le pôle de compétitivité Routes des lasers, Bordeaux est également partie prenante au développement d’une filière industrielle dans le domaine des lasers,  de l’optique et l’optronique.

L’Université de la Défense sera l’occasion  pour les participants, militaires, industriels et experts, d’approfondir les enjeux de la modernisation de notre outil de défense  et du maintien d’une industrie de Défense puissante, mais aussi de visiter les usines de quelques fleurons industriels de l’agglomération bordelaise et les salons ADS-UAV.      

Mairie de Mérignac

Je suis particulièrement heureux d’accueillir à Mérignac, à proximité de Bordeaux Aéroparc, cette 12ème édition de l’Université d’été de la Défense.

Avec la présence de l’aéroport, de grands groupes industriels comme Dassault ou Sabena Technics, d’un important réseau de sous-traitants, de la technopole Bordeaux Technowest et de l’armée de l’air, le secteur ASD fait partie de l’ADN de notre ville.

La tenue de l’Université d’été de la Défense vient conforter l’ambition de la ville de valoriser un secteur d’activités stratégique qui génère un solide tissu socio-économique.

Implantée à Mérignac dès 1937, l’armée de l’air est au cœur de cette dynamique, sur la base aérienne 106 et sur le détachement air 204. L’installation en 2006 du CSFA sur la BA 106 puis, en 2012, de la SIMMAD est venue renforcer les compétences de l’agglomération bordelaise en maintenance aéronautique militaire. C’est d’ailleurs simultanément que se déroule la 2ème édition du salon international du MCO aéronautique de défens, ADS Show, à la BA 106.

Autant d’évènements qui illustrent la vitalité de l’agglomération bordelaise comme pôle aéronautique d’avenir.

Le Maire de Mérignac

Marie RECALDE

Députée de la Gironde, adjointe au Maire de Mérignac déléguée à l’Education et à l’Innovation

Députée de la Gironde et membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées, j’ai l’honneur et le plaisir d’accueillir sur ma circonscription les douzièmes Universités de la Défense, organisées cette année par l’Armée de l’Air.

Aux côtés des femmes et les hommes de l’air, si présents sur ce territoire, avec la Base 106 et en son sein le CFA, CSFA, le CPA30, la Simmad, la proximité du DA204, de la BA120, de l’AIA et la DGA, notre tissu industriel, constitué des grands donneurs d’ordre et de dizaines de PME innovantes, vient parfaire les formidables synergies de ce territoire, exemplaire en termes d’efficacité et de  réactivité des forces.

Ces rencontres sont essentielles car elles nous permettent de confronter nos visions, de mieux appréhender les contraintes et les besoins de tous les acteurs présents, qu’ils soient institutionnels,  économiques ou politiques. Elles seront également l’occasion de conduire nos échanges dans un environnement riche d’expertise militaire et d’assister à des démonstrations spécifiques, exemplaires du savoir-faire de nos armées.

Réunir en une même unité de temps et de lieu ces Universités et les salons ADS / UAV shows est une première qui permettra à tous les acteurs de la défense et de l’industrie de d’approfondir leurs échanges sur les questions liées aux drones et au maintien en condition opérationnelle aéronautique de défense.

C’est le fruit de notre volonté à tous, acteurs locaux et institutionnels, afin de favoriser les projets innovants et structurants au service de notre territoire comme de la défense nationale. Car la multiplicité des théâtres extérieurs sur lesquels la France est aujourd’hui engagée et l’évolution des risques stratégiques à l’heure des contraintes budgétaires et de la rationalisation des effectifs, nous imposent une obligation d’adaptation permanente afin de préserver notre capacité d’anticipation, condition indispensable à notre autonomie stratégique et au maintien de notre rang sur la scène internationale.

Anticiper, innover, optimiser : c’est là aussi, tout l’enjeu de ces Universités.

Général d'armée Denis MERCIER
Chef d'Etat-major de l'armée de l'air

C’est avec un grand honneur et un réel plaisir que l’armée de l’air accueillera  la 12ème édition des Universités d’été de la Défense, les 8 et 9 septembre prochains, sur la base aérienne 106 « capitaine Michel Croci de Bordeaux-Mérignac.

Une base aérienne qui, à l’image de ses homologues, est au cœur de l’activité opérationnelle de l’armée de l’air. C’est à partir d’elles que sont exécutées nos missions de combat et que notre entraînement se déroule. En réseaux les unes avec les autres, reliées en permanence à nos centres de commandement, capables de basculer instantanément du temps de paix au temps de crise, elles nous permettent d’agir et de réagir avec une très grande réactivité. Cette aptitude à conduire depuis la métropole les opérations aériennes sur les théâtres extérieurs, comme notre capacité à assurer dans le même temps la posture de dissuasion nucléaire et la mission de sûreté aérienne, seront au centre des démonstrations présentées à l’occasion de  cet évènement majeur du monde de la Défense que sont les Universités d’été.

Se déroulant dans une région du Sud-Ouest imprégnée d’une véritable culture militaire interarmées, siège de nombreuses industries aéronautiques et spatiales, cette manifestation sera également un beau moment de rencontre où industriels, universitaires, personnalités du monde politique et militaire pourront échanger. Dans un esprit ouvert et constructif, ils pourront revenir sur les engagements récents aux cours desquels nos forces armées se sont illustrées ensemble, et continuent encore de le faire, comme ils pourront réfléchir aux enjeux à venir pour notre Défense dans un monde toujours imprévisible. Tous trouveront sur la base aérienne 106, dans cette belle région bordelaise,  les conditions propices à la rencontre avec le personnel de nos armées, notamment les aviateurs qui seront heureux de les accueillir et de leur faire partager le quotidien de leur engagement au service de la France.